Système scolaire public : gratuit mais organisé par province
L'éducation relève exclusivement des provinces au Canada : il n'existe pas de ministère fédéral de l'Éducation. Chaque province fixe son propre curriculum, ses commissions/centres de services scolaires, et l'âge de scolarisation obligatoire (généralement de 5-6 ans à 16 ou 18 ans selon la province).
L'école publique est gratuite pour les enfants de résidents (permis de travail de plus de 6 mois, résidence permanente, citoyenneté) dans la quasi-totalité des provinces, financée par les impôts fonciers locaux et les transferts provinciaux — les parents payent en général des frais annexes modestes (activités, sorties, matériel).
Au Québec, la loi 101 encadre strictement l'accès à l'école publique anglophone : les enfants d'immigrants doivent en principe fréquenter l'école francophone, sauf exceptions précises (parent ayant lui-même étudié en anglais au Canada). Cette règle ne s'applique pas aux résidents temporaires venus pour un séjour de moins de 3 ans, sous condition d'autorisation spéciale.
Vérifiez le calendrier d'inscription scolaire dès votre arrivée : les places dans les écoles les plus demandées (surtout à Montréal et Toronto) se remplissent rapidement, et certains centres de services scolaires exigent une inscription plusieurs mois avant la rentrée de septembre.
Le cégep : une particularité québécoise
Le Québec est la seule province à intercaler le cégep (Collège d'enseignement général et professionnel) entre le secondaire (qui s'arrête en secondaire V, l'équivalent de la première) et l'université. Le cégep dure généralement 2 ans (formation préuniversitaire) ou 3 ans (formation technique menant directement au marché du travail), et est quasiment gratuit dans le réseau public (frais administratifs modestes, quelques centaines de dollars par an).
Ce système explique pourquoi les diplômes universitaires québécois de premier cycle durent souvent 3 ans (contre 4 ans dans le reste du Canada et aux États-Unis) : le cégep couvre une partie de la formation générale assurée ailleurs par la première année universitaire.
Pour un enfant arrivant de France en cours de scolarité, l'équivalence de niveau (collège français vers secondaire québécois, lycée vers cégep) est établie par le ministère de l'Éducation du Québec ou l'équivalent provincial, avec parfois un décalage d'une année selon l'âge et le parcours antérieur.
Écoles internationales, privées et universités
Les écoles privées (souvent confessionnelles ou à programme enrichi) et les écoles internationales existent dans toutes les grandes villes, avec des frais annuels de 5 000 à 25 000 CAD selon l'établissement — une option pour les familles souhaitant un programme français (lycée français de Toronto, école Marie-de-l'Incarnation à Montréal) ou anglophone au Québec en dehors des restrictions de la loi 101.
Les universités canadiennes (McGill, Université de Montréal, Toronto, UBC) sont réputées internationalement, avec des frais de scolarité pour les résidents permanents et citoyens nettement inférieurs à ceux des étudiants internationaux, ce qui rend le statut d'immigration des parents déterminant pour le coût des études supérieures des enfants.
- Les frais universitaires pour un résident du Québec au premier cycle tournent autour de 3 000 à 4 500 CAD/an, contre 8 000 à 20 000+ CAD/an pour un étudiant international non-résident.
- Le REEE (Régime enregistré d'épargne-études) et sa subvention gouvernementale sont accessibles dès qu'un enfant obtient un NAS, quel que soit le statut d'immigration des parents.
- Les garderies subventionnées au Québec (environ 9-10 CAD/jour dans le réseau public) réduisent fortement le coût de la petite enfance par rapport au reste du Canada, où les frais de garde privés peuvent atteindre 1 500 à 2 000 CAD/mois.